Sur le magnifique plan d'eau d'Arcachon, de superbes
bateaux se sont livrés dès la création de
la ville, à des régates sans merci.
Dans l'entre deux guerres, les régates
quotidiennes des Six mètres JI (jauge internationale),
des voiliers de course, opposeront des fanatiques de la voile.
Les Rothschild aligneront une année jusqu'à trois
de ces bêtes de course.
Vous pouvez admirer ces bateaux un par un en cliquant sur une
des imagettes. Vous pouvez aussi les faire défiler sur
votre écran en cliquant sur le diaporama dans la marge.
La première série montre des cartes de Victor Faure,
un photographe arcachonnais dont l'essentiel de la production
date d'avant 1904. Faure n'a jamais fait que des cartes d'excellente
qualité comme vous allez en juger par ces clichés
exceptionnels.
Les photos de Victor Faure
Photos de François Monier


Fram et Slomka
Titave
Un visiteur du site, Alain Troussier, m'a envoyé des photos
magnifiques faites par le même Victor Faure, ainsi que
deux photos faites par son grand-père François
Monier, des yachts Fram, Slomka et Titave. François Monier
appartenait à une famille de négociants et d'armateur
dont les activités étaient réparties entre
Bordeaux et Saint Pierre et Miquelon. La famille avait également
une villa à Arcachon, Roxane.
Les cartes de Henry Guillier

La dernière série présente
des photos de l'éditeur
libournais Henry Guillier, un des grands éditeurs de la
région. Sa production très abondante est toujours
bien documentée et de très bonne qualité.
Guillier est mort en 1911 et sa femme a pris la suite; la série
présentée est signée "Veuve
Henry Guiller".
Fête des bateaux en 1932
Une photo de la fête des bateaux de 1932 est curieusement datée du 21 août 1932, à croire qu'en ce temps là le 15 août tombait le 21, car je ne peux pas croire que la fête des bateaux d'Arcachon puisse avoir lieu un autre jour que la saint Napoléon.
Le yacht (édition de guerre, décembre 1939)
Quelques années plus tard, la fête est finie, c'est la guerre; la drôle de guerre encore pour quelques mois quand Le Yacht fait paraître en couverture de son numéro de décembre 1939 cette photo de 6M JI en régate sur le bassin d'Arcachon. Le bateau en premier plan est Cupidon Prudence à Philippe de Rotschild.
Le très célèbre "Journal de la Marine, Plaisance, Guerre, Commerce" paraît désormais mensuellement et précise en surtitre "Edition mensuelle de guerre". Qui dit guerre dit censure : le visa sinistre est en bas à droite ...

En 1862, Arcachon a 5 ans et fait déjà parler d'elle. Voici ce qu'écrit "Le Monde
Illustré", des régates de cette année là:
Régates organisés par
le Cercle de Bordeaux
Les régates du 27 juillet, organisées
par le Cercle des régates de Bordeaux, avec le concours
de la ville d'Arcachon et de l'administration des chemins
de fer du Midi, ont eu tout le succès désirable.
De nombreux spectateurs, amenés par plusieurs trains
de plaisir, étaient venus assister.
Les amateurs bordelais,
malgré les difficultés
du voyage par mer, avaient répondu avec l'empressement
le plus louable à l'appel du cercle. Aussi, dans la
semaine qui précédait la course, avait-on vu
arriver à Arcachon : Mouche, Banco, Pourquoi- pas
? Eclipse, Cauchemar, Faune, Timide, Zampa, Corsaire, Petrel,
Magicienne, Fée-des-Eaux, Sans-souci et Solide. Ces
différents bateaux, réunis à ceux d'Arcachon
: Blanche, Sylphe, Surcouf, Thérèse, Alcyon,
Merrimac, Cri-Cri, Marsoin, Passe-Partoud, Réveil-matin,
et Moustic, formaient une flottille très imposante.
Le
parcours, donnant à peu près toutes les
allures, était d'environ vingt milles pour les trois
premières catégories et les chaloupes de pilotes
et pêcheurs qui partaient du débarcadère
d'Eyrac, pour aller contourner contre le flot un but placé près
du cap Feret, revenaient devant le débarcadère,
en passant entre le banc Blanc et le Muscla du nord, pour
aller chercher un dernier but placé à l'entrée
du chenal du Teich, avec retour définitif au point
de départ. Ce parcours était réduit
d'environ six milles pour la quatrième catégorie.
Trente
deux embarcations de toutes catégories se
sont mises en ligne. -le départ a été simultané et
a offert un coup d'oeil très animé.
Maxime Vauvert
Le papier est accompagné de ce joli
dessin sur lequel on peut voir à droite ce qui devait être
la jetée
d'Eyrac, et au premier plan à droite les inévitables
bergers sur leurs échasses; à cette époque,
les "bons sauvages" sont
quasiment de fondation dans toutes les illustrations ou
reportages des gens "civilisés". [Le texte a été recueilli par Roger Faure de Limoges]

Le bassin devient vite trop petit pour ces bateaux splendides, qui vont aussi s'affronter dans des régates Arcachon La Rochelle :
Cliquez sur les gravures pour les agrandir
De nombreux marins étaient nécessaires pour armer
ces bateaux et Neurdein en a fait une très belle photo:


En 1912, sort le monotype
d'Arcachon, bateau dessiné pour se jouer des hauts
fonds du bassin et pour l'apprentissage des enfants des "skippers" de
ces merveilleurs bateaux. Qui n'a pas navigué, à
12 ans, seul à bord d'un monotype, dans les calmes plats
de septembre ne sait tout simplement pas ce que peut être
la béatitude...
Sur le petit film ci-dessous, le monotype numéro 24 évolue sur le bassin en 1930; il est barré par mon père, Pierre, alors âgé de 17 ans; mon grand-père, Olivier, tient la caméra; et c'est mon oncle André, qui en 2009 a fait numériser ces films de format 9,5 mm, que nous regardions chez mes grands parents les jeudis après midi avec un projecteur Pathé Baby.